D A T C H A

Six acteurs et un auteur – trentenaires, plus ou moins – composent notre collectif.


Dans cette réunion à 7, ce qui nous intéresse, ce sont les différences, conciliables ou irréconciliables. Chaque singularité, chaque spécificité. Travailler ensemble, c’est composer une combinaison inédite ; saisir les propositions, les envies de chacun, qu’elles se malmènent et se stimulent, se fassent avancer. Pas de consensus ni de concessions.

L’absence de metteur en scène est revendiquée. L’envie presse chacun de nous, au stade où nous en sommes, forts et nourris de toutes nos expériences, de nous émanciper de cette figure. La responsabilité est partagée entre nous. Structure horizontale.

Autonomie du jeu et autonomie autour du plateau : c’est tout le processus de création dont nous nous emparons.


Le texte est ‘premier’ et le travail à la table fondamental ; l’histoire commune se construit d’abord dans une phase approfondie d’adaptation, traduction, coupes, ajouts, retranchements… modeler le matériau et faire émerger notre propre parole dans la résonance avec le texte original.

Ces fondations essentielles nous permettent de poser les conditions du jeu : un rapport fondamental au présent de la représentation et au public – et c’est ce que nous conservons précieusement de notre expérience en stage avec Jolente de Keersmaeker et Frank Vercruyssen de tg STAN, stage proposé par les Chantiers Nomades, cadre de notre rencontre. En retardant le plus possible le passage au plateau, nous voulons assumer ce rapport direct avec le spectateur.

Forts du travail préalable au cours duquel est élaborée la dramaturgie commune, nous sommes à même d’aborder la représentation armés, mais encore curieux. La représentation devient le point de départ du processus de création, non son aboutissement, non une régurgitation fidèle mais quasi-figée d’un protocole dont on a maîtrisé à l’avance le maximum de paramètres. Ce que nous jouons ne constitue pas une réponse intelligente élaborée à l’avance, une synthèse efficace portant notre vision, mais un compte-rendu au présent, de nos recherches, de nos errances, de nos trouvailles et du processus lui-même.


Dans une telle démarche, la question de l’incarnation est détournée : nous ne venons pas jouer des personnages, nous venons donner à entendre et à voir. Nous construisons un théâtre qui affirme son propre mensonge et dévoile l’endroit de l’implication de chacun. Un théâtre qui fait jeu de tout, de ses codes, de la réalité et du trouble qu’il suscite. Deux histoires se racontent alors conjointement, en se mélangeant ; celle que contient le texte et la nôtre propre.


L’horizontalité entre nous vaut aussi dans notre rapport au public. Pas de quatrième mur. Ici et maintenant. Ne pas tricher, ne pas faire croire que nous avons les réponses, mais questionner au bon endroit.


Alexandre Markoff - Après un DEA de philosophie du droit, il suit des cours d’art dramatique à l’Atelier 1er acte. Scénariste et auteur dramatique, il a signé notamment, Fonctions et dérivées, à l’affiche du Ciné 13 théâtre en 2004, Caviar Triomphe en 2005, La lumière bleue en 2006 au Lucernaire, La mauvaise tête pour le festival Mise en Capsule en 2008 et une adaptation de Coeur de chien de Boulgakhov. Comme comédien, il joue dans Comme il vous plaira de W. Shakespeare / m.e.s Francine Walter, La pyramide de Copi / m.e.s J. Laszlo, L’amour médecin et Le Mariage forcé de Molière / m.e.s Laurent Ferraro, Eby et le mangeur de conte de Sarah Mesguish. Il travaille régulièrement pour France Culture, pour les émissions Le livre du jour et Une vie une oeuvre.


Angélique Andréaz - Elle seforme aux Conservatoires d’Annecy et de Chambéry, auprès des metteurs en scène Claudie Bertin et Franck Berthier, puis en clown de théâtre auprès d’Alain Bertrand. Elle co fonde la compagnie Les Tournefols , qui travaille essentiellement autour de textes non théâtraux et de créations collectives jeune public. Elle travaille également avec les metteurs en scène Gilles Dumesnil / Idiots d’après Lars Von trier, Stéphane Müh / Et la nuit chante de J. Fosse, Jean Cyril Vadi / Le Roland de H. T. de Clermont-Tonnerre et la compagnie Une oignée de loups en laisse / Alger la Blanche de K. M’Ammi. Elle travaille également avec les poètes Jean Pierre Spilmont, Séréam, Jean Antonini et Ménaché sur des lectures radiophoniques ou lors d’évènements littéraires. Cette année, elle commence un master de recherche dans le théâtre européen à l’université Stendhal - Grenoble, sur la thématique de la création collective, à travers le parcours du TG STAN, de L’Avantage du Doute et des Possédés

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Floriane Mésenge - Après un Master de Sociologie entre la France et l’Uruguay, elle se lance dans le théâtre et suit la formation professionnelle et intensive sur trois ans, à l’école de théâtre des Teintureries à Lausanne en Suisse. Elle complète sa formation lors de stages avec les Tg Stan, A. Roussel, J-Y Ruf, J-Q Châtelain et Y-N Genod. Au théâtre, elle joue dans L’Ennemi du peuple d’H.Ibsen au festival de Polverrigi en Italie, dans Du jeu au jeu, création de S. Auvray Noroy à l’Etoile du Nord à Paris, dans Le jeu de massacre, création de S. Auvray Noroy à Paris et à Frankfort, dans la Panique de R. Spregerlburd / mes Marcial di Fonzo Bo et P. Maillet au théâtre de la Bastille, dans L'homme et les trois fantômes de Ramuz / mes F. Landolt. Elle a également joué dans de nombreux courts-métrages ainsi que dans des films d’auteurs.


Matthieu Fayette - Comédien issu de l’Ecole Claude Mathieu à Paris, il complète cette formation lors de stages dirigé par Jean-René Lemoine, David Géry, Guy Freixe, Laurence Roy, Yves-Noël Genod et Oskar Gomez-Mata. Il débute sur scène dans le rôle de Romeo dans une mise en scène en anglais par Daniel Soulier de Romeo and Juliet de Shakespeare. Il participe ensuite à plusieurs spectacles de la compagnie Air de Lune / Marie Ballet et Jean Bellorini : La Mouette de Tchekhov, Yerma de Garcia Lorca, L’Opérette imaginaire de Novarina et, avec Marie Ballet, Liliom de Ferenc Molnar. Il joue également dans Rodogune de Corneille / m.e.s Jean-Claude Seguin et dans L’Ecole des Femmes de Molière / m.e.s. Pierre Gavary. En 2012, il joue à Lausanne dans Atteintes à sa vie de M.Crimp / m.e.s. Muriel Imbach. Il participe à l’opérette Arsène Lupin, banquier d’Yves Mirande & Marcel Lattès / m.e.s. Philippe Labonne avec la compagnie Les Brigands. Il prend également part à des lectures dirigées par Valère Novarina, Alain Rais et, en tant que récitant, à des concerts et opéras dirigés par Charles Limouse (notamment Didon et Enée de Purcell). En 2006, il a assisté Thierry Flamand à la mise en scène de Université d’été de Lionel Goldstein, au Théâtre National de Chaillot. Il est par ailleurs titulaire d’un diplôme d’ingénieur de l'École Centrale Paris.


Olivia KerverdoAprès une licence d'histoire de l'art, elle suit la formation intensive au théâtre le Hangar à Toulouse. Elle joue Nora dans Une maison de poupée de H Ibsen, dirigée par N.Andrés et dans Les Suppliantes d'Eschyle dirigée par L.Riout. Puis elle suit la formation professionnelle de l'acteur dirigée par Anne Sicco. Elle continue de se former lors de stages avec Delphine Eliet (Le Pays lointain de J-L.Lagarce), Alain Béhar (La Sérénité des impasses) et Frank Vercruyssen et Jolente De Keersmaeker (tgSTAN, textes d’A.Tchekhov). Au théâtre, elle joue dans Démons de Lars Norén, m.e.s N.Nauzes ; Blackdird de David Harower , m.e.s Alain Daffos ; Libérté à Brême de R.W Fassbinder , m.e.s N.Andrés ; Le Souffleur d'Hamlet de Michel Deutsch , m.e.s Anne sicco ; L'Amour médecin et Le Mariage forcé de Molière , m.e.s Laurent Ferraro. Elle participe régulièrement à des lectures pour la librairie Ombres Blanches à Toulouse (V.Woolf, Yves Bonnefoy…)


Yonnel Perrier – Après avoir suivi la formation dramatique du CNR de Grenoble, il cherche à fabriquer un théâtre qui lui correspond. Les différentes rencontres au cours de sa formation avec notamment Howard Barker, TG Stan, Jerzy Klezyk, François Cervantès, Michel Laubu, Philippe Genty lui ont permis de s’approprier des outils de jeu qui s(‘accordent avec sa vision de la scène : un espace privilégié où le langage est la matière première du jeu ; un lieu où l’acteur, responsable de ce qui est montré, nous invite, crée un univers et joue à nous le faire découvrir. Sur scène, il choisit principalement de s'impliquer dans des projets qui apportent un regard sur notre monde, sur notre fonctionnement humain, politique, social. Les créations qu'il dirige au sein de Traversant 3 - Y aura au moins Macbeth, d'après W. Shakespeare, Je fais de l'espace vert pour faire du vert pour faire vert, d'après C. Tarkos, Judith, d'Howard Barker - ou celles auxquelles il participe - Comédie sans titre / Gwenaël Morin, Résidu Richard III / L’Olympique Pandémonium, Le cabaret des Humiliés, Jean le Chanceux / Traversant 3 - sont autant d'occasions d'avancer sur ses envies artistiques : fabriquer un théâtre qui n’assène pas mais qui questionne, un théâtre qui ne pense pas pour les autres mais qui met en doute et, en même temps, un théâtre qui passionne.